Notre monde est marqué par le flux de la parole, quoi de plus normal quand on sait que la célérité des informations est remarquable. Les agences de communication et des firmes de tout genre nous inondent de messages. Comment se taire quand on sait que le but c’est de provoquer une interaction entre tous les humains ? Il devient difficile de ne rien dire, alors la question reviendrait à savoir si l’on peut vraiment se taire dans un tel contexte ? Je me dis que nos contemporains apprendraient des chrétiens catholiques qui, pendant cette semaine sainte, vont se taire et entreront dans une ambiance de silence pour méditer les mystères de la vie du Christ. Les chrétiens du monde entier vont entrer dans la semaine sainte pour sortir le jour de Pâques par la Victoire de Jésus sur toutes les puissances du mal.
Le silence dont il est question est le grand mouvement de l’intérieur qui permet de valoriser la grandeur de l’Amour que seul Jésus peut donner pour que ses amis puissent avoir le salut. Il est question de se taire pour voir la petitesse de la méchanceté humaine, Jésus est outragé et même rejeté par les siens. Une telle hostilité devant Jésus permet d’être totalement admiratif de la force intérieure de Jésus devant les atrocités. Jésus est imperturbable, il sait que même quand l’étau se resserre, lui, il est vivant. Il est capable d’enseigner le monde et de leur dire : j’ai vaincu le monde. Apprendre à se taire pour comprendre que Dieu ne s’éclipse pas. Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? Ce fameux cri du Christ souffrant ne peut plus captiver quand on sait que la victoire est garantie le jour de Pâques. Il convient d’aider le peuple croyant véritablement à apprendre à se taire. Nous avons trop la parole facile. Il faut apprendre à se taire pour reconnaître que Dieu est merveilleux. Il revient à notre capacité d’admiration de Dieu de parvenir à dire : « Jésus de nous apprendre à nous taire ». La semaine reste traditionnellement très pittoresque, mais elle est sans nul doute l’école du silence, un silence qui ouvre à la joie de Pâques. N’est-ce pas la valeur même du mystère Pascal ?
Le sens de ce silence, c’est tout recommencer en Jésus. C’est un silence qui indique que tout est ouverture. C’est même la saison de la nouveauté avec Jésus. La semaine sainte est porteuse de la plus grande joie de l’histoire. Pouvons-nous véritablement oublier d’envisager la vie sous le prisme de Pâques ? Dans la vie du chrétien, rien n’est jamais bloqué. La vie n’est qu’ouverture. Dieu manifeste sa puissance et ce qu’il est, le Dieu de l’histoire. Don Bosco, notre père très tôt dans sa tendre enfance, a compris que ce Dieu est bon. Nous sommes appelés à bien offrir aux jeunes cette posture spirituelle de savoir se taire. Le silence qui nous conduit à la contemplation de Dieu est salutaire pour nous. Je souhaite que la privation de la parole pour admirer Dieu soit une constante spirituelle pour chacun d’entre nous. Notre vie ici sur terre mérite aussi de forts moments de découverte de la grandeur de Dieu. Qui est plus fort que notre Dieu ? À l’entame de la semaine sainte, j’invite les enfants de Dieu à faire du silence une belle possibilité de garder dans notre cœur la crainte de son saint nom. Bonne fête de Pâques à tous.
P. Roland MINTSA, sdb
Copyright © 2025 BPD-ATE. All rights reserved. Design by Gaetan Lwamba